"Fais ce que voudras"

Mis à jour : mai 22

Une utopie des années 1540...


Je suis tombé sur ce texte par hasard et je vous laisse le savourer.

C'est très "peace and love", très moderne.

Ecrit par un jeune créatif appelé :

François Rabelais…. en 1540…!!!


Les principes de l'abbaye de Thélème :

1) pas de murs, pas de frontières :

"Pour commencer, il ne faudra pas construire de murailles et pas de frontières tout autour, parce que toutes les abbayes sont sauvagement murées".


2) Libérer le temps

"Et parce que dans les couvents, tout est mesuré, limité et réglé par des horaires, on décréta qu'il n'y aurait là ni horloge ni cadran mais que toutes les occupations seraient organisées en fonction des circonstances…la perte de temps la plus certaine c'est de compter les heures et la plus grande sottise du monde c'est de vivre en regardant sa montre au lieu de se fier à l'instinct et au bon sens".


3) Que des gens beaux

"dans la mesure où à cette époque on ne faisait entrer en religion que les femmes mal foutues, borgnes, bossues, laides, boiteuses, à moitié folles ou des hommes niais, idiots de naissance, fardeaux de leur famille…on ordonna que dans ce lieu ne seraient reçues que des femmes belles et bien foutues et que des hommes beaux, bien faits et de bon caractère".


4) Des relations libres entre hommes et femmes

Parce que dans les couvents, d'habitude, les hommes n'entrent qu'en cachette, clandestinement, on décréta que dans les couvents nouveaux, il y aurait à la fois des femmes et des hommes, et qu'il n'y aurait pas de femmes s'il n'y avait pas d'hommes et pas d'hommes s'il n'y avait pas de femmes".


5) La liberté d'aller et de venir

"Et comme la règle ancienne était qu'une fois entrés en religion et avoir prononcé leurs voeux, les hommes et les femmes étaient obligés d'y rester toute leur vie, il fut décidé que dans les nouveaux couvents les hommes et les femmes sortiraient quand ils en auraient envie, entièrement libres".


6) vivre libre, riche, en couple

"Et comme d'habitude ceux qui entraient au couvent faisaient trois voeux : de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, on institua la règle inverse que là on pourrait en tout bien tout honneur : être marié, tout le monde pourrait être riche et vivre en liberté.


7) Le mode de vie des habitants de l'abbaye :

"Toute leur vie serait réglée non par des lois, des statuts ou des règles mais selon leur volonté et leur libre arbitre. Ils sortiraient du lit quand bon leur semblerait; boiraient, mangeraient, travailleraient, dormiraient, quand le désir leur en viendrait. Nul ne les éveillerait, ne les obligerait à boire ni à manger, ni à faire quoi que ce soit. Et toute leur règle tiendrait en cette clause :

"fais ce que voudras"





*



Conséquence : ils étaient invités :


1) A faire plaisir aux autres

"grâce à cette liberté ils étaient invités à rivaliser d'efforts pour faire tous ce qu'ils pouvaient pour plaire à un seul. Si l'un ou l'autre d'entre eux disait "buvons", tous buvaient; si on disait "jouons" tous jouaient; si on disait "allons nous ébattre aux champs", tous y allaient".


2) A s'éduquer.

"Ils étaient si bien éduqués qu'il n'y avait aucun ou aucune d'entre eux qui ne sût lire, écrire, chanter, jouer d'instruments de musique, parler cinq ou six langues et s'en servir pour composer en vers aussi bien qu'en prose".

"Jamais on ne verrait des hommes si habiles à pieds comme à cheval, si vigoureux et si vifs… Jamais on ne verrait des dames si élégantes, si mignonnes, moins ennuyeuses, plus habiles de leurs doigts et à s'adonner à toute activité convenant à une femme libre que celles qui étaient là"…


3) A s'aimer

"quand le temps était venu que l'un ou l'autre voulût sortir de l'abbaye il emmenait avec lui une des dames, celle qui l'avait choisi pour chevalier servant et ils étaient déclarés mariés ensemble. Et s'ils avaient bien vécu en affectueuse amitié ils cultivaient encore mieux cette vertu dans le mariage; leur amour mutuel était aussi fort à la fin de leurs jours qu'aux premiers temps de leur noces"





(Extrait de "Gargantua" de François Rabelais). Edition originale entre 1538 et 1540.

Libre adaptation du texte en français moderne établie par Michel Renaud et les chercheurs de l'université Blaise Pascal. Edition du Seuil, collection Points. 1973, 1996.

Extraits du texte original par Guy Aznar. 2019.






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